ESCARMOUCHES SUR LE FRONT DE L'ARGENT ELECTRONIQUE

Olivier Lefèvre

Que respirent tous les paranoiaques qui jamais ne laisseront circuler leur numéro de carte de crédit sur l'Internet ("t'es fou! et la sécurité!") en oubliant que le prolème se pose potentiellement avec n'importe quel commerçant indélicat équipé du bon vieux sabot mécanique (encore une fois, on accuse le réseau de problèmes apparus bien avant lui) . On a observé ce mois trois avancées majeures sur le front de l'e-money.

Depuis un an environ circulent sur le réseau des cyberdollars, de l'e-cash émis par la société hollandaise DIGICASH. Une petite merveille conceptuelle, ce truc. DIGICASH émet des billets cryptés avec un algorythme à double clé qui garantissent la sécurité et l'anonymat. Le commercant à qui vous transmettez ces billets peut vérifier qu'ils sont "vrais", mais pas de contrôler qui vous êtes. De même, quand cet argent électronique revient outre Moordyck, il est impossible de retrouver qui l'a dépensé, donc de dresser la liste des achats d'un consomateurs et de calculer ce qu'il a dépensé (ce qui est écrit noir sur blanc sur les relevés de carte de crédit) 1.000.000 de "dollars" avait été distribué, pour tester le système. C'était de la monnaie de singe. Pas moyen de transformer l'e-cash en "vrai" argent. C'est terminé depuis la fin otobre. Malgré les conviction des grands économistes qui anonnent depuis deux ans "on-ne-peut-pas-créer-ainsi-de-toutes-pièces-une-monnaie-internationale" l'e-cash est désormais convertble. Une banque de St Louis encaisse désomais votre "e-cash" contre de vrai dollars! La poste suédoise va suivre. D'autres institutions devraient s'y mettre ensuite. La prochaine fois qu'un crétin vous dit "mais il n'y a pas moyen de faire des payements tout à fait sûrs sur l'Internet!", arborez votre plus délicat sourire et dites lui" "Tu es allés faire un tout à l'adresse http://digicash.com"?

On verra ce qu'il adviendra de l'aventure Digicash, mais le projet a deux points forts incontestables : il est mené par des hollandais, des gsns qui depuis quelques sicèles ont compris ce que "commerce international" signifie, et il n'est pas soumis à la législation américaine. Ca n'a l'air de rien, dit comme cela, mais c'est essentiel. En effet, dans l'attirail légal hérité de la guerre froide, les américians ont une loi qui interdit la possesssion e surtout, la communication à des "étrangers" de système de cryptage. En pratique, il est donc illégal pour une société US de développer pour le monde entier un programme basé sur un algorythme de codage. Insensé, non? Cette situation kafkaienne a même conduit un à la mise en vente d'un t-shirt reproduisant l'algorythme RGA barré du slogan : "ceci une munition de guerre". En théorie, sortir des USA avec ce T-shirt sur le dos (ou y entrer devrait vous conduire directement au trou). Absurde n'est-il pas?
C'est dans la même logique de Jim Clarck, grand boss de Netscape est allé plaidé auprès de François Fillon, ministre français des télécoms, pour qu'il assouplisse une législation similaire. Il semblerait que le ministre ait compris ce qu'on lui racontait, puisqu'il vient d'ammender le règlement pour autoriser la détention de programme de codage "à fins de sécurisation de transactions électroniques" Inutile de vous dire de du coté de "La Redoute" ou des "3 suisses", on a sûrement sablé le champagne.

Même les belges y vont d'une initiative. Un pool qui assemble banques et éditeurs de journaux (Roelarta) et baptisé Isabel a vu le jour. Il s'agit grosso modo de batir un réseau "blindé" destiné aux transferts d'argent dans des conditions de surêté maximale. Le réseau sera ouvert au public, contrairement à Swift, réseau (belge lui aussi) d'échanges interbancaires.

Regardez bien les billets que vous avez dans la poche et faites leurs vos adieux. Dans vingt ans, peut-être que plus personne ne se souviendra à quoi pouvaient bien servir ces petites images colorées.