Silicon Graphics fait une percée dans le monde Internet en présentant un ensemble de solutions World Wide Web allant du simple navigateur WWW au serveur HTTP en passant par des outils d'édition HTML.
On ne présente plus ce client World Wide Web qui s'est imposé comme une solution de choix tant sous Windows que sur stations Mac ou Unix. La version pour Silicon Graphics est entièrement intégrée à l'environnement graphique Indigo Magic et a été optimisée pour les accès modems à 14,4 kbps. La version est en tout point identique aux versions Mac et Windows, avec le même chargement progressif des images, les mêmes bookmarks complexes à gérer, les mêmes extensions non standard.
WebMagic est un environnement WYSIWYG de développement de pages HTML (Hypertext Markup Langage) ce standard de description de pages utilisé pour la publication de documents sur le World Wide Web. Il est conforme au standard HTML 2.0 et supporte listes, images ou encore les caractères internationaux.
WebMagic est très agréable à utiliser pour le développement de pages WWW assez simples. Par simple drag and drop, il est possible de déposer dans le document HTML en cours d'édition, des images aux formats GIF ou JPEG, des videos QuickTime ou encore des clips audio.
Les hyperliens se définissent aisément en sélectionnant une portion de texte et en y associant un URL (Universal Resource Locator) ou une image. La présence d'un tutorial clair ainsi que de modèles de homepages ou de pages HTML standard est un avantage appréciable.
Très agréable pour un débutant, le produit montre très vite ses limites pour un utilisateur plus professionnel. On n'y trouve aucun outil de validation de tags HTML, aucune méthode de création de forms, aucune façon de stocker les URL les plus fréquents, bref aucune des potentialités qu'on retrouve dans des programmes comme HotMetal, Microsoft Word Assistant ou Quarterdeck WebAuthor.
Il vaut mieux considérer ce programme comme une petite applet sans prétention et ne pas espérer réaliser des applications complexes avec son aide. Il s'agit d'une version 1.0 et les développements ultérieurs seront probablement plus impressionnants.
Autant on a vite fait le tour des potentialités de WebMagic, autant le Netsite Communications Server réalisé par Netscape suscite l'admiration. Je n'ai jamais vu un programme serveur HTTP aussi simple et agréable à installer. Conforme au HTTP 1.0 (HyperText Transport Protocol) et compatible vers le bas avec le NCSA HTTPD, il fournit notamment l'autorisation d'accès par mot de passe à certains documents, le support CGI 1.1 (Common Gateway Interface), un contrôle d'accès basé sur l'adresse IP et de nombreuses optimisations destinées à accélérer les temps de réponse.
Une simple commande ./mc-install provoque l'activation du Netscape Navigator qui propose alors tout un guide d'installation interactif et riche en graphiques. Il suffit d'encoder dans une "form" World Wide Web le nom du site serveur, le port TCP/IP utilisé, le nom du user utilisé par le démon et en quelques minutes, on obtient un serveur opérationnel et puissant.
Une simple mise à jour suffit pour transformer le Netsite Communications Server en Netsite Commerce Server, son grand-frère utilisant des clés publiques d'encryption de type RSA pour garantir la protection des transactions électroniques et offrir par la même occasion la possibilité de gérer des sites de commerce électronique.
Couplé à la facilité d'installation des couches ISDN (Integrated Services Digital Network) et du PPP (Point-to-Point Protocol), l'installation d'un site serveur World Wide Web est vraiment à la portée de tous.
Grâce à un partenariat avec Sybase, Silicon Graphics est également en mesure de proposer l'intégration dynamique dans des pages WWW de données en provenance d'une base de données relationnelle. L'échange de données entre le monde Web et le Sybase SQL Server 10 relational database management system s'opère via le Common Gateway Interface. Un API (Application Programming Interface) pour le CGI est prévu dans les mois à venir. Avec une telle combinaison, il devient possible d'injecter des catalogues ou une gestion de stock dans des pages Web, de modifier dynamiquement des pages WWW en fonction du profil ou des désidératas d'un utilisateur, de gérer toutes les transactions entre cet utilisateur et le serveur de A à Z : achat en ligne, facturation et suivi de commande.
Cet attrait de Silicon Graphics pour le monde World Wide Web n'est encore qu'un début. La société de Mountain View, Californie, a des projets encore bien plus ambitieux en matière de réalité virtuelle sur Internet avec son standard VRML (Virtual Reality Markup Language). VRML 1.0 propose une méthode de réalité virtuelle non immersive basée sur OpenInventor, le format de description de scènes 3D de SiliconGraphics, qui repose lui-même sur la librairie 3D OpenGL. L'idée est d'utiliser VRML pour créer des objets rendus sur Internet au fur et à mesure des déplacements de l'utilisateur dans une pièce virtuelle. Cette opération peut être très rapide si elle est utilisée sur une station disposant d'une carte accélératrice OpenGL. Au moment où vous lirez ces lignes, vous devriez trouver des browsers VRML réalisés par Template Graphics Software sur http://www.sd.tgs.com/~template par Mark Pesce sur http://www.eit.com/vrml et le fameux WebSpace de Silicon Graphics sur http://www.sgi.com/Products/WebFORCE/WebSpace/
Sur http://www-white.media.mit.edu/~kbrussel/wadtoiv.html, vous trouverez même des outils pour convertir des épisodes de DOOM au format OpenInventor.
Et puis, le site World Wide Web de Silicon Graphics reste un des plus jolis et des plus créatifs.