N'est pas Mozilla qui veut !

Java par ci, Java par là. Tout le monde n'a que ce mot branché à la bouche. Tout qui faisait de l'intelligence artificielle en 85, de l'orienté objet en 1993, du multimédia en 1994 donne maintenant dans le langage Java. Le mot magique qu'un bon commercial doit glisser dans la conversation pour être à la page.

Les terminaux Java sont les derniers produits à la mode. Des rossignols qui se venderont probablement aussi mal que les penpad, les PDA, les softs de reconnaissance vocale et toutes ces "révolutions technologiques" qui encombrent nos greniers.

Java c'est comme les acides gras polyinsaturés, c'est le mot qui fait vendre. Pourtant Java n'est qu'une demi réponse au statisme des pages HTML. Java est lent, horriblement lent. Pensez donc, du code interprété ! Et énorme avec ca ! Dix fois plus important qu'un bon vieux programme compilé. Les programmes se traînent et bouffent les ressources mémoire des clients et serveurs. Sun a même l'honnêteté de déclarer que Java n'aura pas atteint la maturité avant une bonne année.

Et puis qui utilise Java ? Sur 50 millions d'utilisateurs Internet, il y en a la moitié qui n'utilise jamais Internet. Sur les 25 restants, 50 % ne font que du courrier électronique ou du FTP. Les utilisateurs Netscape représentent 70 %. Sur ces 8750000, 80 % doivent encore utiliser la version 1.1 ou 1.2. reste 1750000. 50 % des utilisateurs de Netscape 2.0 beta a encore une vieille version non Java, 75% des autres a désactivé les fonctionnalités Java. Sur les 218750 personnes restantes, 95 % n'a jamais été se promener sur java.sun.com ou www.gamelan.com. Retirons encore les 60 % d'utilisateurs qui obtiennent une General Protection Fault, les 80 % qui ont déja zappé sur un autre site avant le chargement de l'application et les 93 % qui n'ont pas assez de mémoire. Reste 612 personnes soit les équipes de développement de Sun et Netscape plus vous, cher lecteur, et moi !

Avec cette masse critique d'utilisateurs (du moins les 50 % qui n'utilisent ni Mac, ni Sun ni Linux), Borland estime qu'elle peut décemment annoncer le prochain lancement de son environnement de développement graphique Java (Tiens, ca me fait penser qu'il faudra que j'envoie un rappel, je leur ai commandé le Turbo Pascal pour Amiga en 1987 !). Latte ca s'appellera. Je taquine comme d'habitude mais reste que l'idée de Borland est très bonne. Il faut à Java un compilateur s'il veut délivrer ses promesses même si cela va à l'encontre de sa philosophie même.

Symantec a coiffé Borland sur le fil en publiant une version prerelease d'Epresso, un add-on pour le compilateur Symantec C++ 7.2 pour Windows 95 et Windows NT. Expresso sait "parser" du code Java, intégrer les classes Java à son Class Browser et utiliser les outils du kit de développement JDK beta 2 publié par Sun.

En attendant que tous ces produits échappent à leur condition de vaporware, je préfère ce bon vieux CGI. Les applications qui respectent le Common Gateway Interface sont faciles à écrirer et se déclinent dans tous les langages. Les applications CGI marchent avec n'importe quel browser même si vous employez Mosaic, Internet Explorer, Lynx ou Netscape 1.x. Ca fait 12 millions d'heureux au lieu de 612 !

Vous voulez une petite application CGI en langage C ? Rien de plus simple.

Que diriez-vous d'une application qui redirige votre appel vers un autre site ?

#include <stdio.h>
int main() 
{
printf("Location:  http://www.mon.nouvel.URL/\r\n");
}

Même pas besoin de compilateur, une commande Unix fait la même chose.

 #!/bin/sh echo Location: http://new.url/ echo

Je connais quelqu'un qui a casqué 30000 FB pour une telle application. A la ligne, ca fait plus cher que la coke ! Allez encore un petit exemple CGI pour vous prouver que Microsoft n'est rien qu'un vilain usurpateur.

#include <stdio.h>
int main() 
{
char str80;
printf("Content-type: text/html\r\n\r\n");
printf("<html> <head><title>Usuraption d'identite</title></head><body>\r\n");
strcpy(str,getenv("USER_AGENT"));
printf("%s\r\n",str);
printf("</body> </html>\r\n");
return(0);
}

Que fait ce programme ? Exécuté sur un serveur HTTP, il affiche la chaîne d'identification qui lui est adressée par le client browser distant. Lancez ce programme à partir d'un Microsoft Internet Explorer 2.0 et il vous répondra que vous utilisez Mozilla/1.22. Pour rappel, Mozilla est le nom de code du navigateur Netscape ! Microsoft est obligé de duper son monde, de se faire passer pour un autre

de peur qu'en l'absence d'une signature Netscape, le serveur HTTP ne lui envoie que des pages texte ou pire une page "Ce site serait nettement plus beau si vous utilisiez Netscape 2.0".

Je serais Marc Andreesen, je leur collerais un procès !