Internet, terre de contrastes ?

Ca existe depuis quand ?

L'historique au pas de course. En 1969, 4 ordinateurs du département militaire US DARPA sont interconnectés entre eux pour faciliter l'échange d'informations entre bases militaires. Le but est aussi de créer un réseau capable par la décentralisation de ses données de survivre à un conflit avec le bloc soviétique. En 1972, ils ne sont encore que 37 serveurs à être reliés via le réseau ARPANET. Le projet s'ouvre progressivement à d'autres institutions scientifiques et académiques US. Dès 1973, s'établissent les premières connexions internationales entre les Etats-Unis et la Norvège.

Dans les années 80, de nombreuses organisations commencent à créer leur propre réseau respectant

la philosophie du réseau Arpanet. Le plus important est le loin NSFNET, le réseau de la National Science Foundation Américaine.

Les programmes s'affinent peu à peu et débouchent sur de véritables applications structurées comme la messagerie électronique ou la connexion à distance de gros ordinateurs. En 1982, est adopté le protocole TCP/IP qui deviendra le fondement d'Internet, le langage qui permettra aux machines du monde entier de communiquer entre elles. Internet devient le terme officiel pour désigner non pas un réseau mais une collection de tous ces réseaux utilisant le protocole IP.

Qui dirige ?

Internet n'a pas de patron, aucune autorité unique ne la contrôle. Toute une série de comités bénévoles comme l'Internet Engineering Task Force ou l'Internet Society veillent à son bon fonctionnement, c'est tout.

Qui paie ?

Il n'y pas pas non plus d'autorité centrale chargée de récolter des droits d'accès sur Internet. Le responsable d'un réseau choisit simplement de se connecter avec d'autres et finance les coûts afférents à cette interconnexion.

Quelle est la taille d'Internet ?

Jusqu'à la fin des années quatre-vingt, Internet coule des jours paisibles et discrets se contentant de tisser sa toile mondiale dans la seule communauté scientifique. Le monde académique s'y échange librement et à peu de frais textes, documents ou messages. Avec les années 90, Internet prend soudain un nouveau visage plus commercial. Révolution à la fois culturelle et économique, Internet s'ouvre progressivement aux entreprises qui y voient un nouveau marché, une nouvelle façon de faire des affaires.

Internet explose littéralement. Le « Net », l'I-Way, la matrice ou le cyberspace comme préfèrent l'appeler les initiés, regroupe désormais 2,5 millions d'ordinateurs répartis dans 135 pays. Un nouveau réseau vient s'y connecter toutes les dix minutes et le nombre d'utilisateurs augmente de 10 à 15 % par mois.

Quelques chiffres donnent une idée de la dimension tentaculaire d'Internet :

un chiffre d'affaires généré par Internet estimé à 10 milliards de dollars par an

6000 milliards d'octets et caractères transitant chaque mois par le principal site américain

12 milliards de messages échangés l'an dernier rien que pour les Etats-Unis.

Quelle machine pour se relier à Internet ?

Grâce à son architecture ouverte, Internet accueille des ordinateurs de tous types et de toutes marques. L'accès au réseau est transparent et aisé qu'on dispose d'un simple PC, d'un Mac, d'un Amiga ou d'une grosse station Unix.

Qu'elle est la solution la moins chère pour se connecter à Internet ?

Il y a des solutions pour se connecter à Internet à portée de toutes les bourses.

La plus économique est le "dial-up simple" ou "shell account". On se connecte par modem et ligne téléphonique interposés à un ordinateur relié à Internet et sur lequel on dispose d'un compte. On utilise un simple programme d'émulation terminal (Telix, Procomm etc) et la machine distante, après la procédure de login, vous affiche une simple invite de commande sous la forme d'un "shell" Unix. Votre compte utilisateur vous donne droit à un certain espace sur le disque dur du serveur. Vous devrez probablement passer quelques nuits blanches avant de maîtriser la syntaxe obscure de commandes Unix telles ls, cp, man, cat, find, nslookup, mail, tin, df ou rn. La navigation hypertexte sur World Wide Web reste possible par certains artifices commes les programmes Lynx ou SlipKnot mais la majorité des services d'Internet vous resteront inaccessibles.

En gros, avec un shell account, vous êtes reliés à un ordinateur lui-même connecté à Internet. Mais vous n'êtes toujours pas vous-même(s ???) réellement connecté et visible sur Internet. Comme le dit bien Ed Kroll, "ce n'est pas parce que vous êtes capables d'envoyer une carte postale à un ami Français que vous devenez automatiquement citoyen de la France."

Quel livre recommander ?

Si je parlais d'Ed Kroll, c'est parce qu'il est l'auteur du seul livre sur Internet à lire absolument "The Whole Internet User's Guide" aux éditions O'Reilly et Associates.

Quelle solution me donne accès à toutes les potentialités d'Internet ?

Pour profiter totalement de toutes les possibilités d'Internet, il faut trouver un fournisseur Internet, ( dans le jargon cyber : des Internet Providers ) capable de vous offrir un accès via le protocole de transmission de données TCP/IP. Plutôt qu'un shell account, vous lui demanderez une solution "dial-up/IP" avec laquelle vous ferez partie intégrante du réseau Internet et disposerez de votre propre adresse IP. Dans ce cas, il faudra aussi que votre machine utilise le protocole TCP/IP.

Quel est le minimum à savoir sur TCP/IP ?

TCP c'est le Transmission Control Protocol, le protocole chargé de l'intégrité de vos données. Il découpe votre information par paquets puis numérote ces paquets, en calcule un checksum, et les place dans une enveloppe TCP. L'enveloppe TCP est ensuite placée dans une enveloppe IP (Internet Protocol) où sont mentionnées les adresses de l'émetteur et du destinataire.

Une adresse Internet Protocol est constituée de quatre nombres inférieurs à 256 et séparés par un point comme ceci : 194.78.19.132. Chaque machine reliée à Internet dispose d'une telle adresse unique.

Selon votre taille, vous demanderez à votre fournisseur une seule adresse IP, un réseau de classe C supportant 255 adresses (194.78.19.x), de classe B à 65535 adresses (194.78.x.x) ou carrément un réseau de classe A avec 16 millions d'adresses (194.x.x.x). Comme ces numéros ne sont pas très parlants ni très simples à retenir, on a créé en 1984 un système de "Domain Name", une simple liste qui associe à chaque adresse IP un nom un peu plus humain constitué de domaines imbriqués.

La machine serveur du magazine sera par exemple définie comme mac.cm.riv.be (la machine Macintosh de Computer Magazine du groupe Riverland en Belgique). Des conventions codifient en partie ces noms de domaine aux USA. L'extension gov pour les organisations gouvernementales, edu pour l'enseignement, mil pour la défense, com pour le privé, org pour les autres. Dans le reste du monde, les seules conventions portent sur le nom du pays : be pour Belgique, fi pour Finlande etc.

L'Internet Provider peut généralement vous offrir un raccordement via ligne téléphonique ordinaire, ligne Réseau Numérique à Intégration de Services ou encore par ligne louée.

Avec le protocole TCP/IP tournant sur votre système, vous choisirez de vous connecter directement sur Internet si vous faîtes partie d'un LAN (réseau local) lui-même relié à Internet via ligne louée ou indirectement à travers une connexion modem vers un ordinateur hôte relié à Internet.

Dans le cas d'une connexion par modem, votre machine et la machine hôte devront utiliser un protocole de communication sérielle capable de faire transiter les paquets TCP/IP par liaison série.

Ces protocoles s'appellent SLIP (Serial Line Internet Protocol), CSLIP (Compressed SLIP) ou PPP (Point to Point Protocol).

Pour une entreprise ou de gros utilisateurs d'Internet, la connexion directe par ligne louée est la plus intéressante. Vous faîtes tirer une ligne louée entre votre réseau local et Internet par votre opérateur telecom. Vous demandez une adresse IP permanente et comme votre LAN est accessible 24 heures sur 24 sur Internet, vous pouvez vous aussi vous transformer en fournisseur de services Internet. Vous payez un montant forfaitaire mensuel aux PTT et vous n'avez plus de mauvaises surprises au niveau de la facture téléphonique.

Que faut-il comme matériel pour se connecter sur Internet ?

Il y a déjà moyen avec un AT 286 et un bon vieux DOS de se connecter en mode texte sur Internet, d'y relever une boîte aux lettres électronique, de transférer des fichiers, de commander un ordinateur distant et même de naviguer sur World Wide Web avec un programme comme Lynx.

Pour une connexion agréable, il vous faut une machine avec un environnement graphique Mac ou Windows. Côté PC, un 486 avec 8 MB de RAM est le minimum acceptable car beaucoup de programmes réclament Win32s ou sont très gourmands en ressources audio et vidéo. Côté modem, offrez vos appareils 300, 1200, 2400 ou 9600 bps à une association de bienfaisance et munissez-vous d'un modem digne de ce nom V32bis (14400 bits par seconde) ou mieux V.34 (28800 bits par seconde). Même avec un V.34, vous vous énerverez plus d'une fois en chargeant une page graphique complexe du World Wide Web qui mettra plus de trente secondes à s'afficher. Avec une ligne ISDN ou une ligne louée digitale et un très gros budget, vous seriez un peu mieux loti et pourriez même commencer à transférer un fichier de plusieurs MB, télécharger un clip vidéo de Madonna, faire de la visioconférence ou toute autre application exigeant beaucoup de bande passante.

C'est quoi la Netiquette ?

Quel que soit le lieu que vous fréquentez, vous êtes le plus souvent obligés de respecter un code de conduite social minimal avant d'être admis par les autres. Il ne vous viendrait pas à l'idée de fumer au cinéma, de pratiquer le nudisme dans un pays musulman ou de mettre une cravate pour le festival de Werchter. De même, respecter un minimum de règles sur Internet vous évitera de passer pour un parfait idiot ou d'être victime de bomb mail ( des centaines d'énormes messages postés des quatre coins du monde par des utilisateurs mécontents qui se vengent en saturant votre disque dur) ou de flame ( des messages bien assénés par des utilisateurs aguerris agacés par vos pratiques).

Règle n° 1 : ne postez jamais un message du style "ceci est un message test" dans une conférence lue par des milliers d'utilisateurs.

Règle n° 2 : soignez votre orthographe et votre style. Les gens qui liront vos messages ne disposeront que de ce seul critère pour vous juger. Votre charme, votre bagout, votre aisance verbale, votre classe sociale, rien ne passe encore via Internet. Vous serez inévitablement reconnus ou rejetés en fonction de votre respect de l'orthographe et de la syntaxe

Ne vous écartez pas du sujet de la conférence, évitez d'utiliser des signatures mégalomanes avec des graphiques sophistiqués qui allongent la facture téléphonique des autres.

Avant de poser une question, vérifiez si la réponse ne figure pas dans un message précédent ou ne figure pas dans une FAQ (Frequently Asked Question) postée régulièrement.

N'attaquez pas trop vite et ne vous sentez pas trop vite attaqués. Il ne faut jamais oublier que de l'autre côté du réseau, il y a un humain qui peut être très blessé par des propos que vous n'auriez jamais osé lui proférez en face à face. Sans tous ces marqueurs non-verbaux qui accompagnent généralement nos paroles (clins d'oeil, sourire en coin, gestes apaisants), les malentendus sont très fréquents et il est conseillé de s'y reprendre à deux fois avant de riposter épidermiquement au message d'un tiers.

Règle n° 3 : Internet ne doit pas mourir du même mal que la CB, un trop faible rapport signal/bruit.

"Salut ca va ? Oui, ca va et toi ca va ?", cela n'apporte rien à la communauté Internet. Reprendre les cent lignes d'un message d'un autre utilisateur et y ajouter "je suis d'accord" vous attirera autant de mépris que rouler en sens inverse sur l'autoroute.

Règle n° 4 : Envoyez un minimum de messages à des personnes qui ne vous ont rien demandé. Tous les jours, je suis submergé par une cinquantaine de messages qui me font perdre temps, argent et bonne humeur. "Salut Eric, j'essaie ma nouvelle connexion Internet, peux-tu me répondre ?", des publicités style "devenez millionnaires grâce à Internet", des communiqués de presse m'annonçant que Bill Gates a une nouvelle cravate, des bondieuseries me signalant que "Monsieur S. a oublié de répondre au message et a attrapé le SIDA".

Quel est le numéro d'appel d'Internet ?

Ne posez jamais cette question devant un initié sous peine d'être la proie de quolibets. Il n'y a pas de numéro d'accès unique comme le Minitel et son 3615. Chaque fournisseur Internet a ses propres numéros de téléphone dans les principales villes du pays qu'il met à disposition de ses membres.

Si vous signez un abonnement auprès de ce fournisseur, il vous remettra le numéro de téléphone à contacter ainsi qu'un nom de code et un mot de passe.

Quand je navigue sur un site US, est-ce que je paie une connexion téléphonique internationale ?

Non, vous ne paierez jamais la facture téléphonique que pour la connexion entre votre ordinateur et le POP (Point Of Presence), le point d'entrée local de votre fournisseur Internet.

Est-ce que je risque d'attraper un virus sur Internet ?

Le risque est très très faible si vous faites preuve de la plus élémentaire prudence. Vous ne risquez rien en vous connectant à des sites officiels. Des sites comme www.microsoft.com ou ftp.novell.com sont correctement tenus par des administrateurs qui vérifient l'intégrité des programmes proposés.

Par contre, méfiez vous si vous apprenez que la version 3 de Doom est disponible sur hackers.fuck.the_world.

Lancez un bon logiciel antivirus avant de lancer un programme que vous venez de télécharger et n'oubliez pas de faire de temps en temps un backup de votre disque.

Si je suis connecté sur Internet, quelqu'un de mal intentionné peut-il pénétrer mon ordinateur ?

D'abord, vous ne risquez rien du tout si votre ordinateur n'est pas configuré pour faire office de serveur Internet. Si aucun démon FTP, Telnet ou http ne tourne sur votre machine, personne ne saurait s'y connecter.

Ensuite, je vous retourne la question : "Laissez-vous votre autoradio et votre chéquier dans une voiture ouverte la nuit en plein coeur de Bruxelles ?". Si vous mettez un minimum de protection, évitez les mots de passe trop courts ou trop simples, contrôlez les droits d'accès à votre machine, peu de problèmes vous arriveront. Pour un maximum de sécurité, placez une machine Firewall entre Internet et le réseau de votre entreprise.

Est-il concevable de transmettre des informations confidentielles via Internet ?

Restez prudent. Avant de poster votre numéro de carte de crédit dans un message, rappelez-vous que le paquet va transiter par des dizaines de sites où il pourrait être intercepté. Pour toute information sensible, utilisez le programme freeware d'encryption PGP (Pretty Good Privacy). Il encrypte le contenu de votre message, le destinataire devant disposer d'une clé pour décoder le message crypté.

Qu'ai-je besoin de savoir pour configurer une liaison SLIP ou PPP ?

* le numéro de téléphone à composer

* le nom de domaine et l'adresse TCP/IP de la machine hôte

* votre adresse IP est-elle statique ou assignée dynamiquement lors de la connexion ?
* le nom de domaine et l'adresse IP du Domain Name Server (la machine qui convertira pour vous

un nom de domaine en adresse IP)

* le subnet mask à utiliser
* le nom du serveur de news ( appelé le serveur NNTP)

* le nom du serveur de courrier électronique et le type d'email proposé (POP2, POP3 ou SMTP)

N'essayez pas de faire de connexions avec l'ordinateur hôte tant que ces infos ne sont pas correctes. N'essayez surtout pas d'utiliser une adresse IP au hasard qui risque d'être déjà attribuée et de causer des problèmes. Toutes ces informations devraient vous être communiquées automatiquement par tout fournisseur Internet digne de ce nom.

C'est quoi le World Wide Web ?

WWW ou le Web, c'est la toile d'araignée mondiale qui s'est tissée entre plus de trente mille serveurs répartis dans le monde entier et mettant à disposition du public les documents hypertexte les plus divers. Le projet est né en 1989 au CERN à Genève d'une volonté d'échanger des informations entre chercheurs en physique. Mais World Wide Web n'a connu son véritable boom que fin 1993 lorsque le NCSA, le National Center for Supercomputing Applications de l'Université d'Illinois, a réalisé le premier navigateur Mosaïc.

World Wide Web est devenu un immense service d'information mondial, un système hypertexte global où l'information est distribuée aux quatre coins du monde par des ordinateurs communiquant au moyen des mêmes protocoles. Dans un système hypertexte, certains mots ou images d'un document renvoient à d'autres informations contenues dans d'autres documents distants. Le simple fait de pointer et cliquer avec la souris sur un de ces hyperliens provoque l'affichage du nouveau document qui lui-même contient des pointeurs vers d'autres informations et ainsi de suite à l'infini.

Avec un tel système hypertexte, il n'y a plus une façon unique de parcourir un document comme c'est le cas d'un livre. L'utilisation est plus interactive, chaque lecteur sautant d'un document à l'autre au fil des hyperliens qui l'intéresse. L'allégorie de la mer revient systématiquement : on navigue sur Internet, on surfe sur le Web en passant de vague en vague, on utilise un programme navigateur (les anglo-saxons parlent de browser et au Québec, il est question de fureteur)

Le surfer évolue sur World Wide Web sans connaître la moindre commande Unix, sans même savoir où se situe physiquement le document qu'il consulte. Une multitude de browsers existent pour la plupart des ordinateurs. Tim Berners-Lee, père de World-Wide-Web, a réalisé le premier browser en 1991 sur NextStep. Vint ensuite la version NCSA Mosaïc en XWindow Motif puis fin 1993, les premières versions de Mosaïc pour Macintosh et Windows. Les 50 sites Web de mi-93 ont été rejoints par trente mille autres, la taille du Web doublant tous les trois mois.

Mosaic est un programme de deuxième génération qui masque toute la complexité d'Internet et le rend abordable au plus grand nombre. Un programme en passe de devenir aussi courant sur un PC que la calculette. Mosaic est basé sur le concept d'hypermedia. Il affiche sur l'écran des utilisateurs des documents comparables aux pages d'un livre. Les pages sont constituées de textes, images ou sons et reliées entre elles par des liens ou hyperlinks. Un clic sur un de ces liens ouvre la voie à un autre document qui peut être sur une autre machine Internet à des milliers de kilomètres du premier.

L'utilisation privée de Mosaic ou de son nom est tout à fait libre mais couverte par un copyright. De plus en plus de compagnies ont acquis une licence auprès de NCSA pour une utilisation commerciale de Mosaic. C'est le cas par exemple de Quarterdeck, Santa Cruz Operation, Spry ou Spyglass. Microsoft a son browser dans le futur Plus Pack de Windows 95, IBM a son WebExplorer sous Warp et sous Windows, Novell promet son Corsair, il y a des navigateurs qui apparaissent dans tous les logiciels commerciaux : Internet Chameleon, SuperTCP Pro, Internet in A Box, B&W TCP/IP, IBM Connexion for Windows, OnNet, NetCruiser et les autres.

Une partie de l'équipe de développement originale du NCSA Mosaic a fondé une société commerciale articulée autour des logiciels clients et serveurs World Wide Web. Marc Andreesen, concepteur original, s'est associé à Jim Clark, transfuge de Silicon Graphics, pour fonder Mosaic Communications rebaptisée ensuite Netscape. Netscape s'impose de plus en plus comme un standard de fait en tant que logiciel de navigation client.

Tous ces programmes reposent sur les trois mêmes standards.

1) une sorte de langage de description de page appelé HTML pour HyperText Markup Language, le format pour décrire les liens entre documents ou parties de documents.

Un document brut ressemble à ceci

<TITLE>CM Web</TITLE>

<pre> </pre><A href="index.htm"><img src="web.gif" alt="Home"></A><p>

<h1>Issue #1</h1><hr><p>

<h2>Le néerlandais est-il une langue véhiculaire ?</h2>

<A href="comm.htm">par Laurent Jumet</A><p>

Un browser repose sur des file viewer séparés pour reproduire les différents types de documents (image GIF, son, fichier MPEG etc) et emploie la norme MIME (Multipurpose Internet mail Extensions) pour identifier le type de documents. Mosaic lui-même ne gère que les documents de base : texte avec choix des polices et images fixes au format GIF.

2) une convention, l'URL ou Universal Resource Locator, pour nommer et repérer les pièces d'informations disséminées sur le réseau. L'URL agit comme les pages jaunes du bottin téléphonique. Elle désigne l'adresse d'un serveur Internet et des ressouces qu'il offre à la communauté. Si vous voulez communiquer avec le CERN, il faut connaître son URL http://info.cern.ch qui vous donnera accès à la page de garde du serveur. Si vous voulez directement accéder à une page bien précise dont vous connaissez la location, vous pouvez aussi par exemple introduire son répertoire complet http://www.ncsa.uiuc.edu/SDG/Software/Mosaic/Docs/faq-general.html

3) un protocole de transfert de données entre machines baptisé HTTP c'est-à-dire HyperText Transfert Protocol.

Quel stack TCP/IP choisir sur ma machine ?

Les heureux possesseurs de Macintosh ont déjà des couches MacTCP dans le System 7.5. Nous leur conseillons la lecture d'Internet Starter Kit for the Mac d'Adam Engst chez Prentice Hall, 1994.

Si vous avez Windows pour Workgroups 3.11, vous pouvez télécharger sur les BBS Microsoft, Compuserve et Internet, WFWT32.EXE qui vous suffira pour communiquer en TCP/IP avec un réseau local ou avec Internet via ligne louée. Pour disposer en plus des protocoles SLIP et PPP, la voie royale est de télécharger la version 2 de Trumpet Winsock (TWS20B.ZIP).

Avec l'OS/2 Warp de base, vous disposez de tout ce qu'il faut sur l'Internet Bos Pack, couches TCP/IP, dialer, outils news, ftp, email et navigateur Web et Gopher. Avec l'OS/2 Warp Connect, vous êtes encore plus gâtés : connectivité peer-to-peer, support TCP/IP sur réseau ou ligne série, outils d'analyse en plus de l'Internet Bonus Pack.

Avec Linux, c'est le pied. Sur le CD Infomagic vous trouvez à peu près tout : un système d'exploitation Unix gratuit et tout ce qu'il faut côté réseau : TCP/IP, SLIP et PPP, navigateurs Mosaic.

Dans Windows 95, vous aurez aussi à peu près tout : les couches TCP/IP de base, un gestionnaire de courrier électronique, une option dial-up et même un bouton un peu controversé pour vous connecter à Internet via le Microsoft Networks.

Que sont les Usenet newsgroups ?

Usenet est une collection de conférences et forums électroniques où les utilisateurs s'échangent des opinions, des informations sur les thèmes les plus divers. Il y a pour l'instant à peu près huit mille conférences. Vous vous en dotez, les plus populaires commencent par l'extension alt.sex.* et drainent plus de quatre cent mille lecteurs. Les thèmes de conférences sont classés de façon hiérarchique avec un système de noms séparés par des points. Les huit branches majeures sont :

alt : pour les conférences alternatives

rec : pour les forums récréatifs

comp : pour tous les forums relatifs à l'informatique

news : pour les informations relatives à Usenet lui-même

sci : pour toutes les conférences à thème scientifique

soc : pour tout débat à caractère politique, social ou culturel

talk : c'est là qu'ont lieu les débats les plus torrides sur les sujets les plus controversés. Idéal pour discuter à l'infini sur l'avortement, le SIDA ou la religion

misc : la section fourre-tout accueillant tout ce qui ne rentre pas dans les catégories précédentes.

Quel est le rôle de la commande telnet ?

telnet est une commande vous permettant de vous connecter sur d'autres ordinateurs distants et d'y lancer des programmes. Une fois connecté, c'est comme si votre clavier était physiquement connecté à la machine distante. Tous les caractères que vous tapez sont envoyés à cette machine à l'exception du caractère ESC qui sert de caractère de contrôle. Avec telnet, vous pouvez accéder à tous les services qui sont proposés par l'ordinateur hôte : exécuter des commandes Unix, consulter des catalogues, lancer des programmes comme archie ou wais. La commande n'est pas bien compliquée : telnet nom_de_la_machine_à_contacter.

Supposons que vous disposiez d'un compte à l'ULB et y accédiez par

% telnet is1.ulb.ac.be

Trying ...

Connected to is1.ulb.ac.be

Escape character is '^]'

SunOS UNIX

login : popol

password : dufrasne

is1% ls

is1% quit

Que puis-je faire au moyen de FTP ?

FTP désigne à la fois un programme et le protocole qu'il utilise, le File Transfer Protocol. Son rôle est de transférer des fichiers d'un ordinateur à l'autre. Il existe des centaines d'aplications FTP en mode texte ou en mode graphique. Toutes respectent à peu près les mêmes conventions.

La première opération est d'ouvrir une connexion avec un site distant en précisant son nom ou son adresse IP. La façon la plus simple est de faire passer ce nom dans la ligne de commande :

>ftp liege.rtfm.be ou ftp 194.78.19.132

Ou bien de lancer le programme FTP et à l'invite de commande, taper la commande :

ftp> open cm.riv.be

La deuxième étape consistera à communiquer votre nom et votre mot de passe à la machine distante.

Si vous disposez d'un compte sur la machine, laissez votre nom d'utilisateur et votre mot de passe pour disposer de droits plus importants. Sinon vous pourrez toujours vous connecter sous le nom "anonymous" et laisser votre adresse email comme mot de passe.

Pour recommencer la procédure de login, vous pouvez utiliser la commande user suivie du nom d'utilisateur.

Pour transférer les fichiers, deux commandes sont à retenir : get pour donwloader ou rapatrier un fichier vers votre machine, put pour uploader ou envoyer un fichier vers le site distant.

La syntaxe est identique dans les deux cas : put/get fichier_source fichier_destination.

Avant de transférer un fichier, il vous faudra préciser à votre machine, si le transfert doit s'opérer en mode texte ou en mode binaire. Pour cela, utilisez les commandes ASCII et BINARY.

Pour naviguer dans le répertoire arborescent de fichiers, vous disposez des commandes dir et ls pour afficher le contenu du répertoire courant. Pour obtenir un catalogue complet et récursif des fichiers ainsi que leurs attributs, utilisez la commande ls -LR. Le passage d'un répertoire à l'autre s'opère comme sur MS-DOS ou Unix avec la commande cd.

Enfin, les commandes Bye ou Quit permettront de sortir du programme ftp.

La plupart des navigateurs World Wide Web peuvent aussi être utilisés pour des transferts de fichiers via FTP. Il suffit de spécifier comme Universal Resource Locator la commande ftp://ftp.site/nom_du_fichier.

Qui est GOPHER ?

C'est la mascotte de l'Université du Minnesota et un programme de navigation par menus sur Internet qui a vu le jour au même endroit. Gopher vous permet d'accéder à un document sans se soucier de domains names, adresses IP etc. Pour tirer parti de Gopher, il vous faut un programme client qui contactera un serveur gopher et lui demandera d'afficher le menu principal. Le serveur envoie le menu et le client l'affiche. Lors de la sélection d'un item du menu, le serveur informe le client du type d'objet sélectionné (texte, répertoire, image), de l'adresse IP du serveur où est situé le document, du port TCP/IP à utiliser et du répertoire où se trouve le fichier. Le client Gopher tient compte de cette information pour contacter le nouveau serveur, choisit l'utilitaire nécessaire pour traiter le document et active les commandes ftp, telnet, archie ou wais selon la ressource slectionnée.

Que fait WAIS ?

Il s'agit d'un service Internet pour effectuer des recherches dans une base de fichiers indexés en fonction de mots clés. Ce système de recherche est distribué et peut regrouper les index de plusieurs sites. Pour qu'un document soit disponible sur un serveur WAIS, il faut que l'administrateur crée un index portant sur tous les documents qu'il veut rendre accessibles. Pour les textes, tous les mots d'un document sont indexés. Mais l'indexation peut également porter sur des documents html, gif etc.

Lorsque vous opérez une recherche à partir d'un programme client WAIS, l'application contacte un site central qui à son tour interroge une série de serveurs WAIS pour retrouver l'information désirée.

Si vous n'avez pas de programmes client WAIS, vous pouvez interroger WAIS en lancant la commande telnet quake.think.com avec comme nom de login "wais".

Est-ce que le principe d'Archie m'aide ?

Archie est un outil précieux pour rechercher un fichier égaré dans le cyberspace. Plusieurs serveurs Archie à travers le monde interrogent chaque nuit plus de 1200 sites incluant plusieurs millions de fichiers et indexent cette montagne d'informations. Lorsque vous êtes à la recherche d'un fichier spécifique, vous pouvez contacter un serveur archie et lui demander de repérer ce fichier pour vous. Le serveur Européen Archie est basé en Finlande sur le site archie.funet.fi. Voici comment dialoguer avec lui pour retrouver un fichier contenant la chaîne de caractères XXX.

telnet archie.funet.fi

login : archie

archie>prog XXX

Lorsque la recherche est complétée, archie vous dresse la liste des serveurs et fichiers répondant à votre recherche. Il ne vous reste qu'à noter les résultats de cette recherche et à terminer la connexion avec archie via la commande quit.

Que faire avec Ping ?

Ping est une petite commande qui se contente d'envoyer un paquet IP test à un ordinateur distant et d'attendre la réponse. Ce petit programme est indispensable pour diagnostiquer si votre connexion est opérationnelle. Accessoirement, Ping vous informe aussi du nombre de millisecondes qu'il a fallu à ce paquet pour atteindre l'appareil distant.

Qu'est-ce qu'un email ?

C'est l'abréviation d'electronic mail ou courrier électronique. C'est une façon très rapide et économique d'envoyer un message à une autre personne disposant d'une adresse électronique.

Pour qu'un message arrive à destination, il faut simplement respecter les règles de constitution d'une adresse email. Les adresses de l'émetteur et du destinataire doivent être rédigées de la même façon : nom_utilisateur@machine, le @ se prononcant "at". Le message débute invariablement par une en-tête contenant les champs From:, To: et Subject:. En quelques secondes, le message atterrira dans la boîte aux lettres du destinataire qui pourra le lire dès qu'il relèvera son courrier. Le destinataire n'a donc pas besoin d'être en ligne au moment où il reçoit son message.

A partir d'Internet, il est aussi possible d'envoyer des messages à des utilisateurs de Fidonet, Compuserve ou MCI.

Eric, point Fidonet 2:293/2203.1 (le point 1 du noeud 2203 du réseau 293 de la zone 2) peut être contacté comme suit : eric@p1.f2203.n293.z2.fidonet.org

Eric, numéro 73437,411 sur Compuserve recevra tous les messages adressés à 73437.411@compuserve.com

Enfin, John Doe, utilisateur MCI, sera contactable via l'adresse John_Doe@mcimail.com.