Navigateurs World Wide Web :

Microsoft Internet Explorer 4 ou Netscape Communicator 4 ?

Eric@netline.be

Excel contre Lotus 1-2-3, Word contre Word Perfect, NT contre Netware et maintenant Internet Explorer 4 contre Netscape Communicator 4, la vie des produits Microsoft est bercée au rythme des combats titanesques.

 

Internet Explorer 4, l'Internet Operating System.

 

 

Une version 1 à pleurer, une release 2 quelconque, un IE3 prometteur et un Internet Explorer 4 adulte et impressionnant, voila qui ne dépare pas non plus dans la traditionnelle évolution des produits made in Redmond. Voilà la première impression que nous avons retirée de ce CD IE4 Platform Preview Release ( alias Beta 1 4.71.0517.5 ) reçu à la rédaction quelques semaines avant sa première apparition sur le site http://www.microsoft.com/ie. Internet Explorer 4 est bien plus qu'un simple navigateur Web ou un client http. Nous savions des précédentes versions beta que la volonté de Microsoft était d'intégrer Internet au PC, de faire ressembler le bureau Windows 95 à une page Web, de fusionner la représentation des ressources locales et World Wide Web en un seul paradigme de navigation. Plus question de cliquer deux fois pour voir le contenu d'un disque dur puis une seule pour un hyperlien. La petite main bien connue des internautes, le souligné en bleu caractéristique des hyperliens, chaque répertoire du disque illustrable par une page HTML, c'est le Web qui s'immisce jusqu'au sein du système d'exploitation dans une vision que Microsoft surnomme le WebPC.

 

Deux méthodes d'installation coexistent sur le CD-ROM avec ou sans Shell Integration, c'est-à-dire que Microsoft vous laisse le choix entre installer le navigateur IE4 indépendamment ou remodeler totalement l'interface graphique de votre système d'exploitation. Nous avons essayé les deux méthodes tant sous Windows 95 que Windows NT 4.0 Server. Puisque les programmeurs Redmondiens ont renoncé à l'assembleur au profit de classes C++, il vous faudra 40 bonnes minutes pour installer les quelques 50 MB du CD. Lenteur et gourmandise, IE4 illustre à merveille les deux péchés mignons de notre ami Bill. Quand Microsoft vous signale les minimums requis suivants :

processeur Intel 486 cadencé à 66 Mhz

Windows 95: 8 MB de RAM

Windows NT: 16 MB de RAM

50 MB d'espace disque

Vous lisez aisément entre les lignes que notre Pentium 133 de test avec 48 MB de RAM n'était pas un luxe mais plutôt une impérieuse nécessité.

Qu'attendre encore d'un navigateur Web me direz-vous ? Des balises HTML supplémentaires non standard ? des extensions propriétaires ? Non, Microsoft a plutôt voulu s'attaquer à la philosophie qui soustend la navigation : transformer les internautes actifs en "couch potatoes" du Web, recevant automatiquement des pages d'information plutôt que de perdre du temps à les récolter manuellement. Les langues les plus perfides vous diront que Microsoft s'est un maximum inspiré des technologies de WebCasting mise au point chez Pointcast Network.

Commençons par les petites améliorations cosmétiques agréables sans être transcendantes :

- la "Search Bar" qui affiche en permanence dans une fenêtre le résultat d'une requête auprès d'un moteur de recherche tandis que l'utilisateur explore les sites dans une autre fenêtre,

- la technologie IntelliSense au service de la barre d'adresses permet de corriger automatiquement des adresses URL incorrectes ou de proposer des adresses complètes déjà visitées lorsqu'on en tape les premiers caractères

- les "Smart Favorites", ces sites qui sont entièrement téléchargés sur votre bureau, pour être visualisés hors connexion

- un mode de visualisation "Kiosque" sans la moindre barre d'outils pour l'affichage d'un site en plein écran

- un mode d'impression plus complet permettant l'impression ou non des fonds d'écran, d'un ou plusieurs frames

- un meilleur feedback des utilisateurs continuellement informé de la progression du téléchargement des différents composants d'un document HTML.

Nous attirerons plus spécialement votre attention sur le support des plug-ins Netscape, ces briques LEGO logicielles qui permettent d'étendre les fonctionnalités du navigateur de base pour traiter tel ou tel nouveau type de documents.

Côté HTML, Microsoft met tout le paquet sur ce qu'il appelle le Dynamic HTML, une série d'extensions soumises au World Wide Web Consortium pour approbation : Cascading Style Sheet, affichage ou masquage d'éléments par le biais d'un script, positionnement d'éléments HTML par coordonnées x et y,

ActiveX est omniprésent. Cette technologie embrassant tant Java que l'architecture COM ( Common Object Model) est la pierre angulaire d'IE4 qui se comporte comme un container OLE : les différents objets viennent s'y intégrer, une application y tourne sans effort, les différents modules interagisent entre eux par le biais de scripts, certains composant peuvent même y être téléchargés de manière asynchrone.

Java n'est pas négligé non plus : les JavaBeans de Sun peuvent être accédés comme des objets ActiveX ou vice-versa, la librairie AWT ( Abstract Windows Toolkit) a été réécrite entièrement, le nouveau support d'Unicode permet la réalisation et le déploiement d'applications multilingues, l'accès aux fonctions DirectX à partir des classes Java.

Toute une série de Contrôles ActiveX sont inclus dans IE4 tels un séquencer, un gestionnaire de sprites, un mixer audio, un objet pour déplacer un graphique le long d'une trajectoire, un autre pour des effets spéciaux agrémentant la transition d'objets. Le plus impressionnant est probablement cet Interactive Music Control servant d'accompagnateur musical au vol à vos pérégrinations Web.

Impossible en 1997 de vendre ou offrir un produit Internet sans insister longuement sur la sécurité qui l'entoure. Microsoft insiste sur la technologie Authenticode, une méthode permettant d'authentifier le créateur d'un morceau de code et de vérifier que ce module n'a pas été altéré. Les transactions sécurisées sont supportées à travers SSL 2 et 3 ( Secure Sockets Layer), PCT 1.0 ( Private Communication Technology ) ou le tout nouveau standard TLS (Transport Layer Security). Un nouveau Microsoft Wallet permet de stocker en toute confidentialité sur votre disque des informations aussi sensibles que mots de passe, numéro de carte VISA, clés privées ou certificats d'authentification. Si vous ne tenez pas à ce que fiston ait nécessairement accès aux mêmes sites que vous, le standard PICS ( Platform for Internet Content Selection) lui servira d'ange gardien lui interdisant tout accès à des sites trop explicites en ce qui concerne violence ou sexualité.

 

OutLook new look

 

Internet Explorer est devenu une "Suite" regroupant Microsoft Outlook Express, NetMeeting, NetShow, Frontpad, Microsoft Interactive Music, Microsoft Wallet et ActiveMovie. Outlook Express est le nouveau patronyme d'Internet Mail, une version allégée du programme Outlook inclus dans Office 97. Il supporte LDAP, Lightweight Directory Access Protocol, le "Directory Services" pour Internet permettant de localiser n'importe quel utilisateur Internet recensé chez Four11, InfoSpace, Bigfoot ou WhoWhere. Outlook Express s'accomode indifféremment de POP3 (Post Office Protocol) ou IMAP4 (Internet Message Access Protocol). IMAP est une solution aux lacunes de POP. Il s'agit d'un protocole plus récent capable d'opérer un relevé sélectif des messages d'une boîte aux lettres électronique. Mieux encore, il permet même de relever une seule partie d'un message constitué de plusieurs attachements de type MIME. Un programme client IMAP est capable d'extraire du serveur l'en-tête des messages sans en rapatrier la totalité des contenus. Un message lu n'est pas systématiquement retiré du serveur. L'effacement du message côté serveur est laissé à la libre appréciation de l'utilisateur qui peut reporter cette opération à une date ultérieure. Du coup, IMAP s'avère des plus appropriés pour la création de boîtes aux lettres partagées où plusieurs utilisateurs peuvent consulter la même boîte sans priver les autres de son précieux contenu. A cette exception, POP et IMAP fonctionnent de la même manière : ils dépendent tous deux du troisième protocole SMTP pour l'envoi du courrier.

POP traite le serveur comme un entrepôt de messages dont il vide le contenu à chaque passage. Tous les messages sont transférés vers le client où ils sont lus ou non, effacés ou non, traités ou non sans interaction ultérieure avec le serveur. IMAP, d'autre part, interagit avec le serveur en plusieurs étapes. IMAP peut se contenter de réclamer l'en-tête des messages, de transférer une partie d'un message ou sa totalité, de transférer la totalité de la boîte aux lettres ou non. La suppression des messages sur le serveur s'opère manuellement lors d'une intervention ultérieure. Le serveur peut donc faire office d'archive ou de boîte aux lettres partagées tant qu'un utilisateur n'a pas pris la décision d'en vider le contenu.

IMAP distingue pour ses programmes clients un mode online et un mode offline. En mode online, la totalité du courrier est conservé sur le serveur. En mode offline, soit la totalité du courrier est transféré vers le client et effacé du serveur, soit une partie du courrier reste sur le serveur. Dans ce dernier cas, un mécanisme de synchronisation est nécessaire pour les reconnexions ultérieures. Cette synchronisation s'opère au moyen d'un identificateur unique à chaque message.

Notons enfin le support de S/MIME ou Secure Multipurpose Internet Mail Extensions. MIME est un système de classification de fichier décrivant le type de fichier et son format de manière à ce que le client puisse déterminer quelle application est à même de traiter celui-ci. Le format MIME est toujours découpé en un type majeur et un type mineur du type text/html ou image/bmp. S/MIME offre de surcroît l'option de signer digitalement les messages ou de les encrypter.

NetMeeting

NetMeeting est la solution visioconférence de Microsoft. Un tableau blanc électronique est partagé entre tous les utilisateurs abonnés au même canal qui peuvent s'y échanger messages, images, travailler en commun sur des documents ou les transférer via un mode de transfert binaire. Pour les plus chanceux, NetMeeting permet aussi de partager des ressources audio pour de la téléphonie sur TCP/IP-Internet ou vidéo pour de la visioconférence. NetMeeting s'est plié aux principaux standards en cours : T.120 pour la conférence multipoint, H.323 pour la visioconférence, LDAP pour l'accès aux pages blanches Internet plus un protocole de partage d'application T.Share soumis par Microsoft à l'ITU.

NetShow

IE4 est accompagné du client NetShow pour la réception de contenu broadcast via Internet. Il s'agit d'un contrôle ActiveX inclus dans IE4 et gérant ce qu'on appelle dans le jargon des "streams", c'est-à-dire des documents audio et vidéo transmis en direct à l'utilisateur qui ne doit plus attendre un téléchargement complet afin de visualiser un document. Ce "stream" est fonction de la bande passante de l'utilisateur final.

NetShow est multicast, c'est-à-dire qu'un seul paquet IP est transmis à l'ensemble des récepteurs plutôt que de diffuser simultanément en "unicast" une multitude de paquets IP contenant les mêmes données. Cela permet entre autres à NetShow de recevoir des infos en provenance de MBONE ( le Multimedia BackBONE) et de réduire sérieusement l'engorgement du serveur video.

FrontPad

FrontPad est un mini éditeur HTML WYSIWYG inspiré de FrontPage 97 pour lequel il représente ce que WordPad est à Word. Sans prétention dans la Beta 1 ( pas encore de support des tables, forms, applets, image map), il vous donnera probablement envie de retourner à votre éditeur HTML freeware ou shareware favori.

Personal Web Server

Personal Web Server n'est autre que ce bon vieux Tarentula, un mini serveur HTTP pour Windows 95 ou NT qui permet de tester ses pages HTML. Je dis bien tester car nul utilisateur censé ne pourrait le confondre avec le véritable Microsoft Internet Information Server

Web Publishing Wizard

Web Publishing Wizard est une méthode et une série de fonctions API pour faciliter l'émission et le placement de pages HTML sur un serveur HTTP distant à des fins d'hébergement. Compuserve, America Online, Sprynet ou GNN sont déjà reconnus, les autres Internet Service Providers voulant offrir ce service automatisé à leurs utilisateurs devront créer une petite application DLL ( Dynamic Link Library) et la rendre publique sur le site de Microsoft.

Personalized Information Delivery

Tout cela n'est que de la petite bière à côté de la véritable nouveauté d'Internet Explorer 4 : le Personalized Information Delivery. L'idée est simple et attirante : transformer le bureau Windows 95 en un bureau actif ou Active Desktop connecté à différents canaux d'informations. Microsoft est en train de concocter un "business plan" avec toute une flopée de fournisseurs de contenu qui délivreront bientôt des infos personnalisées aux utilisateurs. Une nouvelle "Channel Bar" flottera dans la prochaine version du produit qui permettra à l'utilisateur de "zapper" au lieu de "surfer". En tête de la Channel Bar figurera bien entendu MSNBC cette fusion entre Microsoft et NBC, entre la toile Web et le petit écran. E n dessous, on s'attend à voir figurer des grands de l'info en ligne comme PointCast Network, CNet et autre ESPN. Avec un peu de chances, il restera peut-être une petite place pour vos infos à vous. A côté de la notion de Canaux, vous trouverez encore celle d'abonnement. Si votre séance de surf dominical passe systématiquement par les mêmes sites Web, pourquoi ne pas demander à un agent de télécharger toute nouveauté apparue sur ces sites à intervalle régulier ? De cette manière, l'information est déjà prête lorsque vous vous installez devant votre PC, pardon WebPC, l'agent vous ayant averti par courrier électronique ou par un logo dans la TrayBar qu'une information nouvelle est disponible. L'abonnement à un site peut être automatisé, inclure ou non images et sons et même descendre de plusieurs niveaux de récursion dans l'arborescence du site. Vous pouvez donc profiter de cet agent pour télécharger l'information quand la connexion téléphonique n'est pas onéreuse ou la bande passante pas trop surchargée. Un effet secondaire de cette technique est que vous pouvez également emporter Internet avec vous, du moins télécharger un site complet sur votre portable par exemple.

 

Si en plus, vous choisissez l'installation complète d'Internet Explorer 4 avec intégration au Shell Explorer, vous pourrez constater combien Microsoft n'a pas lésiné sur la poudre aux yeux : de superbes pages HTML personnalisables pour chaque répertoire du disque dur si l'on choisit l'option WebView, l'explication en direct de chaque icône du panneau de contrôle, un nouveau mode de visualisation Thumbmail View qui affiche une mini image de chaque fichier graphique à la manière d'une planche contact de photographes, un économiseur d'écran qui n'économise rien du tout puisqu'il agit comme navigateur Web, un espace de travail où peuvent venir se greffer plusieurs pages Web au lieu d'une banale image de fond, pas sûr que cela soit utile, mais comme on dit par chez nous, "ca jette un max".

La seule énumération complète de toutes les autres nouveautés d'IE4 prendrait plus que les trois pages attribuées à votre serviteur pour ce test comparatif. Ca nous laisserait un peu trop peu de place pour Netscape 4. Citons quand même Active Setup, un programme d'installation intelligent pour administrateur de réseau, un Kit d'Administration Internet Explorer créant des navigateurs IE4 personnalisés et préconfigurés ( titre, extensions, abonnements et canaux souscrits, liste des URL favorites etc...). Sachez aussi que Internet Explorer 4 risque d’être la principale nouveauté de la prochaine version de Windows.

Netscape Communicator 2

Netscape ne baisse pas les bras

 

 

Ne me demandez pas qui a copié l’autre mais les ressemblances entre IE4 et Netscape 4 sont plus que troublantes. Au point qu’après avoir décrit par le détail Internet Explorer, un simple couper-coller me suffirait à réécrire la partie consacrée au Netscape Communicator Preview Release 2. " Search for " Outlook Express " Replace by " Collabra, " Search for" FrontPad " Replace by " Composer etc etc. Voici un petit manuel de traduction qui permettront à Bill Gates et Marc Andreessen de converser au prochain Comdex.

 

 

Microsoft

Netscape

WebCast

Personal Information Delivery

Netcasting

Bureau Web

Active Desktop

Constellation/Home Port

Abonnement

Subscription

Infostream

Content Provider

Channel Guide

Live Site

Browser

Explorer

Navigator

Editeur HTML

FrontPad

Composer

Email

Outlook Express

Messenger

Conferencing

NetMeeting

Collabra

Installation

Active Setup

AutoAdmin (Prof Edition)

Administration

Internet Explorer Administration Kit

Netscape Administration Kit

Calendrier+Task manager

Outlook ( Office 97)

Calendar (Prof Edition)

Emulation 3270

N.A.

IBM Host on Demand (Prof Edition)

NNTP

Outlook Express News

Collabra

Signature du code

Authenticode

AutoInstall

Stream video

Netshow

N.A.

Serveur HTTP

Personal Web Server

N.A.

     

H.323

v

v

SSL 3

v

v

UNICODE

v

v

POP3

v

v

IMAP4

v

v

S/MIME

v

v

UUENCODE, BINHEX

 

v

LDAP

v

v

JAVA JIT Compiler

v

v

JDK 1,1

 

v

Internet Inter ORB

 

v

Dynamic HTML

v

v

Cascading Style Sheet

v

v

Canvas

 

v

Layers

 

v

 

Bien sûr, il n’est pas dans nos intentions de comparer un Internet Explorer fondu dans un système d’exploitation avec un simple navigateur Netscape.

 

 

Le navigateur Netscape Navigator était déjà un produit mûr. Seules quelques améliorations mineures lui ont donc été apportées sous forme d’extensions au langage HTML. La nouvelle balise " Layer " est de loin la plus impressionnante avec la possibilité pour le développeur de pages Web de positionner différentes couches graphiques transparentes et de jouer sur leur ordre dans l’axe de profondeur ( z-order) ou encore la balise Canvas permettant d’afficher des pages en mode " kiosque " sans fenêtre d’encadrement. Les feuilles de style sont présentes comme dans IE4. En plus des Cascading Style Sheet, Netscape présente les Dynamic Style Sheets accessibles au moyen de scripts Javascript. Les performances de Java ont été renforcéees par la présence d’un Just In Time Compiler développé par Symantec, le support du tout frais JDK 1.1 (Java Developer Kit) et son format d’archive JAR (Java Archive File format) ou encore le support d’applets Java ayant accès aux ressources locales. L’inclusion d’un Object Request Broker permet le dialogue avec tout objet réseau à la norme CORBA. Au niveau esthétique, il faudra féliciter l’auteur des nouvelles barres d’outils personnalisables. Si l’on compte toutes les versions préliminaires de Navigator, notre labo doit en être à sa vingt-cinquième installation du plus célèbre des navigateurs et ne peut s’empêcher de pousser un baillement face à cette dernière mouture.

 

Netscape Messenger est bien plus convaincant. Il a fière allure face à Outlook Express avec sa nouvelle interface qui permet de sérier les messages par sujet, de visualiser l’en-tête des messages, de gérer un carnet d’adresses via un Personal Address Book. Support IMAP4, S/MIME, LDAP sont bien sûr au rendez-vous.

C’est via Collabra que vous accéderez aux newsgroups Internet, à des forums de discussion. Discret mais efficace.

A côté de Composer, FrontPad peut aller se rhabiller. Composer est lui un véritable éditeur HTML avec correcteur orthographique, support des tables et une véritable approche WYSIWYG.

Netscape Conference permet une navigation collective sur le Web, le partage d’un tableau blanc, le babillage en direct mais ce qui frappera surtout est le support " voicemail " permettant de laisser un message vocal dans la boîte aux lettres d’un utilisateur.

Depuis Sidekick, qui s’extasiera encore devant un nouveau gestionnaire de calendrier et de tâche ? Que vient faire l’émulation 3270 IBM Host on Demand dans un produit des années 90 ? Que dire encore d’un produit qui est d’ores et déjà condamné à être broyé sous le rouleau compresseur Microsoft ?

Netscape joue son va-tout avec un joker qui s’appelle " Constellation " et qui n’apparaîtra sous le Web que dans quelques semaines. A en lire les spécifications, il ne s’agit jamais que d’une réplique à Active Desktop permettant lui aussi de réunir toute une série de documents Web, d’URL et de messages sur un même bureau où vous recevrez automatiquement toutes les informations auxquelles vous aurez souscrit, ferez tourner des applications Java.

Conclusions

Aucun des deux produits testés ne nous a réellement convaincu. Trop lourds ( 50 et 14 MB), trop lents, trop complexes.

Face à la simplicité du World Wide Web originel, Internet Explorer et Netscape Communicator ont des allures de bombardiers B52. Les gadgets, les fioritures se substituent à l’information, à la performance. Même votre serviteur qui est tombé dans le Web lorsqu’il était petit a de la peine à s’y retrouver dans ces xièmes modifications esthétiques, dans ces onomatopées qui ont pour nom Java Native Method Interface, SOIF/RDM, IOP, Object Serialization, CSSI, RSVP, ces dizaines d’options à configurer avant d’obtenir quelques bribes d’information . J’ai d’ailleurs demandé ma mutation au rédac-chef avant d’avoir à tester les versions 5 de ces produits mastodontes qui seront probablement livré dans un coffret contenant plusieurs CD-ROM. Quelqu’un aurait-il un vieux Netscape 1.3 à m’envoyer ?